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    Manuelle & Frédéric
    Invité

    Conférence de Boris CYRULNIK
    Maison Cantonale de BORDEAUX
    Mercredi 11 janvier 2023 – 18 H 30

    Conférencier :
    Boris CYRULNIK ( neurologue, psychiatre, psychanalyste )
    Intervenants :
    Véronique ROUYER ( Professeure des universités, Laboratoire de psychologie, Université de BORDEAUX )
    Olivier GRANDIN ( Maître de conférences, Laboratoire de psychologie, Université de BORDEAUX )

    Boris Cyrulnik est né en 1937, à Bordeaux. Dans cette même ville, 79 ans avant le jour de cette conférence, et quasi jour pour jour, dans la nuit du 10 au 11 janvier 1944, il est emprisonné dans la Grande synagogue de Bordeaux, avec d’autres juifs raflés, promis à la déportation et à l’extermination. Mais il réussira à s’en échapper…

    Dans cette conférence, Boris CYRULNIK est questionné sur son œuvre, et particulièrement sur son dernier livre, au titre énigmatique : « Le laboureur et les mangeurs de vent ».
    Seules les interventions de Boris CYRULNIK son ici retranscrites.
    Quelques notes ont été rajoutées, à la suite du compte-rendu, pour éclairer certains propos.

    Le titre du livre illustre l’opposition entre un savoir issu d’une expérience pratique et solitaire ( celui du « laboureur » ), et un savoir théorique éloigné du réel mais qui assure l’appartenance et l’assujettissement à un groupe ( celui des « mangeurs de vent » ). Ainsi « le laboureur » est au singulier, et « les mangeurs de vent » au pluriel. Le sous-titre du livre est plus explicite : « Liberté intérieure et confortable servitude ».

    Boris CYRULNIK prend l’exemple de l’accident de la navette spatiale Challenger, le 28 janvier 1986. ( 1 )
    Ce projet de navette fut bien sûr très complexe, pour les scientifiques, à élaborer et à mettre en œuvre. L’accident eut pour cause la non-prise en compte de la température en altitude qui, se refroidissant, influa sur des joints toriques en caoutchouc, les rétractant, compromettant l’étanchéité du vaisseau. Une propriété connue de bien des artisans, aussi bien plombiers que garagistes…

    La locution « mangeurs de vent » a son origine dans « Le Quart Livre » de RABELAIS. ( 2 ) Elle illustre le savoir théorique, qui n’est pas enraciné dans le réel.
    Le laboureur, pour sa part, est celui qui est terre-à-terre, mais aussi qui pense seul, par lui-même… mais en restant lié aux autres et stimulé par eux. ( 3 )

    Le rôle des autres, de l’altérité, est important.

    Boris CYRULNIK cite ici le cas des enfants roumains, séparés de leur mère par une décision politique, et abandonnés dans des orphelinats, sans affection, à l’époque du dictateur CEAUSESCU. Ces enfants, parce que privés d’altérité, présentaient des troubles graves du comportement, des atrophies du système limbique, et une hypertrophie des amygdales bi-encéphaliques. ( 4 )
    Shaul HAREL, à Tel-Aviv, prit en charge des enfants israéliens et palestiniens, souffrant de syndromes psycho-traumatiques similaires. Les enfants et leur mères réunis, bénéficièrent de soins et d’affection, si bien que les atrophies du système limbique de ces derniers disparurent au bout d’un an. Leur cerveau était ainsi redevenu fonctionnel.

    L’identité de qui apporte cette affection importe peu. Ainsi, en Afrique par exemple, le géniteur peut être l’amant de la mère, mais le père sera le frère de celle-ci. Boris CYRULNIK rappelle ici que la définition du « père », celui qui est responsable de l’enfant, dépend fortement des cultures.

    Interrogé sur la théorie de l’attachement, et l’importance d’un lien sécurisé pour assurer un bon développement de l’enfant, Boris CYRULNIK cite, au Moyen Orient, des cas d’altérations cognitives causés, non par la mère elle-même, mais par des traumas causés à la mère, par la guerre notamment.
    Dans les pays en guerre, d’ailleurs, le nombre des bébés « secure » tomberait de 70 à 30-40 %, et le nombre de bébés confus passerait de 5 à 25 %.

    Cette présence humaine, affective, n’a pas d’effets positifs que sur les enfants. L’INSERM a ainsi constaté que le congé paternité a diminué de 30 % les dépressions maternelles au bout de 2 ans, et qu’il y avait une quasi-disparition des suicides des jeunes mères. ( 5 )

    Boris CYRULNIK insiste ici sur le fait que les suicides de jeunes femmes, avec des bébés, sont un indice de désorganisation psycho-sociale. Un suicide advient toujours parce que quelqu’un a été laissé seul avec ses problèmes.

    Boris CYRULNIK cite encore Ghislaine DEHAENE, qui a montré que le lobe temporal gauche, qui traite les sons chez les droitiers, est stimulé quand on parle autour du bébé. Et quand on s’adresse à lui, c’est son planum temporal qui est stimulé. Ainsi, quand une figure d’attachement ( la mère, un adulte… ) parle au bébé, elle sculpte le cerveau de celui-ci, et transforme la zone des sons en zone du langage.

    Michel SOULÉ et Serge LEIBOVICI ont étudié la pensée préverbale. Ils ont montré que l’apprentissage de la langue maternelle se faisait entre le 20ème et le 30ème mois, si le bébé était bien entouré, avec une vitesse stupéfiante et jusqu’à 1.000 mots, et que vers le 30ème mois apparaissaient les premiers jeux de mots. Si l’entourage est défaillant, des retards peuvent être constatés, mais ils peuvent être rattrapés ensuite, avec un entourage positif et formé, mais avec moins de facilité qu’entre ces 20ème et 30ème mois.

    Ainsi, à Arras, une « Maison des 1.000 premiers jours » a-t-elle été créée en 2021. Ces maisons ont pour but de créer des liens entre de jeunes parents, de partager des connaissances. ( 6 )
    Dans ces maisons, qui sont des crèches, l’enfant est entouré de divers parents, pas seulement les siens, et de professionnels, qui bavardent, permettant ainsi son développement neuronal, par le simple côtoiement de ces adultes, notamment en entendant des paroles humaines dans son environnement.
    Dans ces maisons, aussi, les adultes peuvent voir si l’enfant ne réagit pas, ne sourit pas, ne tend pas les bras, ce qui est un pronostic plutôt négatif.
    « Il faut tout un village pour élever un enfant », dit-on en Afrique.
    Boris CYRULNIK rappelle ici le rôle parfois négatif des écrans. Ceux-ci peuvent abîmer la relation. Ainsi, quand on passe plus de 5 heures par jour devant un écran, on augmente son risque de dépression par 3. Les écrans peuvent aussi créer des retards chez les enfants.

    Il affirme que le sens que l’on donne au réel modifie notre perception du réel.
    Dans la théorie de la résilience, cette idée est essentielle.
    Il affirme aussi que, dès lors, il est bien difficile de définir ce qu’est le réel.
    Il cite ainsi la fable des 3 casseurs de pierres, attribuée à Charles PEGUY. Boris CYRULNIK affirme que c’est lui-même qui a inventé cette fable, l’ayant lui-même attribuée à PEGUY. ( 7 )
    Il évoque alors Viktor FRANKL, qui fut déporté à Auschwitz. FRANKL avait un œdème de carence, et il « se regardait mourir avec un certain intérêt ». Il s’imagina alors préparant une conférence future, dans un congrès imaginaire, dont le thème serait : « Comment on meurt à Auschwitz ». Il survécut ainsi, donnant un sens à son corps et à sa vie…
    On construit donc sa vie à partir de la quête de sens.
    Boris CYRULNIK insiste sur la très grande importance de Viktor FRANKL, qui était neurologue, psychiatre, psychologue et philosophe.
    Il évoque aussi Germaine TILLON, déportée à Ravensbrück.
    Là, elle a le désir de se suicider, envisageant de se jeter sur les fils de fer barbelés électrifiés… « mais le bleu du ciel est tellement beau que je ne peux pas mourir ». Elle décida alors d’écrire un opérette, inspirée d’OFFENBACH, musicien juif. Au milieu de l’horreur, ce projet fit éclater de rire ses compagnes d’infortune, dont Geneviève DE GAULLE et Anise POSTEL-VINAY. Comme Viktor FRANKL, elle transforma ainsi l’horreur en œuvre d’art dérisoire. ( 8 & 9 )

    Boris CYRULNIK cite encore Sœur Emmanuelle, à qui on demandait – elle avait 104 ans :
    – Avez-vous peur de la mort ?
    – Non… je vais enfin savoir !

    L’absence de liberté intérieure peut nous conduire au délire. Ce délire nous coupe du réel, mais il ne faut pas le confondre avec la situation du psychotique qui, lui, subit un clivage à l’intérieur de lui-même.
    Il existe des cultures délirantes, dans lesquelles les gens sont embarqués dans un récit social, et ont perdu leur liberté intérieure.
    Dans ces sociétés, les individus n’ont pas un récit à réfléchir… mais à réciter. Il s’agit de dictatures, de sociétés totalitaires, de religions… où règne la propagande.

    Boris CYRULNIK évoque alors comment nos changements de mode vie affectent la plastique de nos cerveaux. Eleanore MAGUIRE a ainsi comparé les cerveaux des chauffeurs anglais de taxis et ceux de bus, jadis, les premiers mémorisant toutes les rues de Londres. Les chauffeurs de taxis avaient une hypertrophie du système nerveux limbique ( mémoire et émotions ), qui les différenciait des chauffeurs de bus, dont le parcours était toujours identique, ne demandant pas d’effort de mémorisation.
    Aujourd’hui, avec l’utilisation du GPS, le système limbique des chauffeurs de bus et de taxis est le même.

    Boris CYRULNIK revient alors sur l’altérité, et affirme :
    – Je ne peux devenir moi-même que s’il y a un autre.
    – Je ne peux penser que s’il y a une interaction avec une autre pensée.
    Il rajoute ici que la parole écrite n’a pas le même impact que la parole orale, parce que celle-ci nous engage dans une interaction physique avec l’autre.

    Il mentionne alors la théorie de l’hérédo-dégénérescence familiale. Celle-ci considérait que les pathologies mentales étaient héréditaires. Elle inspira notamment les nazis, et était encore enseignée en France avant 1968, quand il était étudiant.
    Il dénonce alors les ravages causés par le formatage des étudiants, surtout par l’enseignement de théories morbides, qu’il faut réciter… et affirme qu’il est bien préférable de laisser aux individus la liberté de penser.

    Il revient ensuite sur le lien social, et évoque le cas des Hikikomoris, au Japon, ces personnes qui s’isolent par décrochement. Il mentionne ici le rôle néfaste du culte de la performance, de la réussite, qui créé ces décrochements. Au contraire, il prône le plaisir et le désir d’apprendre. Ce plaisir d’apprendre change la définition du travail, qui n’est plus alors une corvée, mais un plaisir.

    Après avoir été questionné par les 2 animateurs, Boris CYRULNIK répond aux questions du public.

    Il évoque le rôle salvateur des arts.
    Il rappelle le rôle de stimulant sensoriel de la musique chez les enfants, dès leur période préverbale.
    Il oppose l’activité théâtrale, qui développe l’empathie, le souci de l’autre, par opposition à d’autres activités, dominées par le souci de la rentabilité commerciale.

    Il approuve le constat d’une personne qui, dans l’auditoire, cite le cas d’un jeune garçon, freiné dans son développement cognitif, qui, par l’apprentissage du piano, a fortement amélioré aussi bien ses capacités cognitives que ses interactions relationnelles. Il réaffirme alors que l’intelligence est relationnelle, et non pas une qualité cérébrale.

    Il rappelle aussi qu’il a été démontré que la sécurisation, la paix, étaient des facteurs très positifs d’augmentation des performances scolaires.

    Questionné sur l’état du monde actuel, Boris CYRULNIK constate qu’il y a une augmentation des mangeurs de vent, des dictateurs, des escrocs culturels…
    Il affirme que, dans les pays désorganisés, des escrocs culturels, qu’on appelle des « sauveurs », trouvent des boucs-émissaires ( les étrangers, les sorcières… thème cher à René GIRARD ) et promettent « mille ans de bonheur », ou « des lendemains qui chantent ».
    Emile DURKHEIM a montré que dans les sociétés désorganisées, il y avait un pic de suicides. Et Jules MICHELET affirmait, pour sa part, que « dans un désert de sens, les sorcières apparaissent ». Les sages-femmes furent ainsi considérés comme des sorcières, et brulées, comme les juifs qui étaient aussi des médecins. C’est à elles et à eux, détenteurs d’un savoir, qu’ont imputait les épidémies.
    Cependant les utopies ne sont pas forcément négatives. Il est nécessaire d’ailleurs d’avoir un projet à rêver, à construire.
    Ainsi, il fait l’éloge d’Ambroise CROIZAT, l’inventeur de la Sécurité Sociale.
    Mais s’il y a des utopies positives, il constate et regrette que celles qui émergent sont de plus en plus mortifères.
    Lorsqu’on lui demande comment lutter contre la perte de sens, Boris CYRULNIK rappelle que la guerre peut aussi donner un sens ( la Résistance… ).
    Sur un ton dépassionné, Boris CYRULNIK donne des exemples où le positif et le négatif accompagnent le progrès.
    Ainsi la technologie favorise la communication… mais elle détruit aussi la relation.
    Il constate que le progrès a favorisé les mobilités géographiques et sociales… mais augmenté aussi l’instabilité des familles.
    Ainsi , un jeune de 20 ans aujourd’hui formera 3 ou 4 couples différents, et aura 5 ou 6 métiers.
    De même, si les femmes aujourd’hui se débrouillent seules, sans maris, il constate aussi une augmentation des dépressions liées à l’angoisse, l’angoisse ayant remplacé la peur qui régnait dans le couple où l’homme dominait.

    La parole, la création artistique, l’engagement relationnel… peuvent limiter l’angoisse.
    Il cite encore la politique de LULA, au Brésil, qui, au lieu d’envoyer la police et l’armée dans les quartiers pauvres, a favorisé l’éducation, y envoyant des footballers, des guitaristes, des danseurs… 2 ans après l’institution de cette politique, 50 % des enfants voyous des favelas étaient scolarisés.
    Quand BOLSONARO est arrivé au pouvoir, il a coupé les budgets de la culture, et a envoyé de nouveau la police et l’armée… et 2 ans après, la violence est revenue.

    Frédéric DEJEAN,
    Avec la collaboration de Manuelle URLACHER,
    Bordeaux, le 1er mars 2023

    Cette conférence a fait l’objet d’une capture vidéo ( durée 1:39:29 )

    NOTES

    1. Boris CYRULNIK, dans la conférence, cite par erreur une fusée Apollo.

    2. « Deux jours après, nous arrivâmes sur l’île de Ruach, et je vous jure par les Pléiades que je trouvai son peuple et la façon dont il vit plus étrange que je ne puis le dire. Ils ne vivent que de vent. Ils ne boivent rien, ne mangent rien, sinon du vent. » ( François RABELAIS : « Le Quart Livre », texte translaté par Romain MENINI, éd. Bouquins-Mollat 2022 )

    3. « Ceux qui veulent appartenir ( à un groupe ) se plaisent à réciter les histoires de la doxa comme une certitude délicieuse, une ex-stase qui leur permet de se sentir confiants dans « une logique de la déraison » dont parlait Hannah Arendt. Mais ceux qui préfèrent continuer l’exploration par eux-mêmes et non plus par ce qu’on leur a dit adoptent la stratégie du laboureur. Ils se cognent aux cailloux, reniflent l’odeur de la glaise et se donnent un plaisir de comprendre enraciné dans le réel. À l’opposé, le bonheur des extatiques ravit l’esprit et le transporte hors de soi, dans des raisonnements sans racines nommés « délires logiques ». Le bonheur des laboureurs élabore un savoir éprouvé sensoriellement, touché, palpé, écouté, comme le font les praticiens qui sont sur le terrain, alors que l’extase ravit l’âme et l’emporte vers l’utopie. » ( Boris CYRULNIK : « Le laboureur et les mangeurs de vent », éd. Odile Jacob 2022 )

    4. « Le président-dictateur Ceauşescu, pour rembourser la dette, faisait travailler les femmes quatorze heures par jour. Il exigeait que des inspectrices surveillent leur linge intime, afin qu’elles ne puissent pas avorter et soient obligées de mettre au monde le plus de futurs ouvriers possible. Comme rien n’avait été prévu pour s’occuper de ces 170 000 enfants, ils furent placés dans de grands espaces abusivement appelés « orphelinats ». Personne ne leur parlait, personne ne s’occupait d’eux, une gamelle par jour, un coup de jet d’eau par mois, ces enfants avaient presque tous des zones cérébrales atrophiées. D’autres institutions roumaines ont sauvé des enfants abandonnés en leur proposant simplement un milieu structuré par l’affection et l’éducation… » ( Boris CYRULNIK : « Le laboureur et les mangeurs de vent », éd. Odile Jacob 2022 )

    5. L’étude de l’INSERM affirme en réalité que le congé paternité a eu un impact plutôt favorable sur les dépressions paternelles, mais plutôt défavorables sur les dépressions maternelles.
    https://presse.inserm.fr/les-peres-beneficiant-de-2-semaines-de-conge-paternite-seraient-moins-a-risque-de-developper-une-depression-post-partum/66419/

    6. « A.A – Quels sont les objectifs de l’espace des 1 000 jours ?
    B.C. – Il s’agit de construire un village dans la ville car nous nous sommes rendus compte que les parents étaient seuls. Que les villages tels que nous les connaissions par le passé ont disparu. Plus les parents sont unis, plus ils sont intégrés dans une maison des 1000 jours, plus ils échangent, tissent des liens d’amitiés et sont capables de se conseiller et de s’épauler en cas de besoin. Cela répond aux besoins fondamentaux des enfants et des parents. »
    https://www.arras.fr/fr/actualites/boris-cyrulnik-lespace-des-1000-jours-arrageois-est-un-tres-bel-exemple

    7. En se rendant à Chartres, Charles Peguy aperçoit sur le bord de la route un homme qui casse des cailloux à grands coups de maillet. Les gestes de l’homme sont empreints de rage, sa mine est sombre. Intrigué, Peguy s’arrête et demande :
    – « Que faites-vous, Monsieur ? »
    – « Vous voyez bien », lui répond l’homme, « je casse des pierres ». Malheureux, le pauvre homme ajoute d’un ton amer : « J’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai faim. Mais je n’ai trouvé que ce travail pénible et stupide ».

    Un peu plus loin sur le chemin, notre voyageur aperçoit un autre homme qui casse lui aussi des cailloux. Mais son attitude semble un peu différente. Son visage est plus serein, et ses gestes plus harmonieux.
    – « Que faites-vous, Monsieur ?», questionne une nouvelle fois Peguy.
    – « Je suis casseur de pierre. C’est un travail dur, vous savez, mais il me permet de nourrir ma femme et mes enfants. »
    Reprenant son souffle, il esquisse un léger sourire et ajoute : « Et puis allons bon, je suis au grand air, il y a sans doute des situations pire que la mienne ».

    Plus loin, notre homme, rencontre un troisième casseur de pierre. Son attitude est totalement différente. Il affiche un franc sourire et il abat sa masse, avec enthousiasme, sur le tas de pierre. Pareille ardeur est belle à voir !
    « Que faites-vous ? » demande Peguy
    « Moi, répond l’homme, je bâtis une cathédrale ! »

    ( on retrouve ce texte sur Internet, notamment sur des sites de management, attribué à PEGUY… mais il est en réalité de Boris CYRULNIK lui-même, qui avoue l’avoir malicieusement attribué à PEGUY ! )

    8. https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Verf%C3%BCgbar_aux_Enfers

    9. Boris CYRULNIK, dans la conférence, cite par erreur Olivia de POSTEL-VINAY, par confusion certainement avec Olivier POSTEL-VINAY, le fils d’Anise POSTEL-VINAY.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 année et 1 mois par admin5105.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 année et 1 mois par admin5105.
    #1074 Répondre
    Bernard
    Invité

    Merci Frédéric et Manuelle pour votre partage de cette intéressante conférence de Boris Cyrulnik à Bordeaux. Les réflexions qui y sont faites pourront éventuellement enrichir nos discussions futures du café-philo.
    Bernard

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Répondre à : Conférence de Boris CYRULNIK – Maison Cantonale de BORDEAUX 11.01.2023 18h30
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